Eradication de la pauvreté : quelle place pour l'allaitement ?
Commission
2002 sur le Statut des Femmes
Thème: Eradication de la pauvreté, notamment au
travers du renforcement des capacités des femmes tout au
long de leur cycle de vie, dans un monde globalisé.
L'allaitement au sein est un moyen remarquablement efficace de
donner les meilleurs aliments, soins et éléments
basiques de protection de la santé aux nourrissons et enfants
en bas âge, dont la moitié sont des filles. Une femme
qui allaite consacre son propre temps et énergie à
nourrir son enfant. En échange, elle économise le
coût d'achat d'aliments spéciaux pour jeunes enfants
et les soucis supplémentaires que causent les problèmes
de santé qu'encoure un enfant lorsqu'ils n'est pas protégé
par le lait de sa mère. Par l'allaitement, une femme améliore
aussi son propre bien-être et son état nutritionnel.
Cela lui permet d'espacer ses grossesses et d'améliorer
sa santé sur le long terme.
Une femme qui allaite produit un aliment. Elle contribue 400 litres de lait ou plus à l'économie familiale. Cela constitue donc un levier de puissance dès le plus simple niveau.
La pauvreté
et le surmenage qui en découle accentuent la pression sur
les femmes. Le manque de temps et d'énergie risquent de
limiter la capacité d'une mère à nourrir
et prendre soin de ses enfants. Une femme pauvre ne manque pas
seulement de ressources mais aussi du pouvoir de faire des choix.
Elle est menacée de perdre une aptitude essentielle : celle
de produire du lait et et de nourrir son enfant.
Réduire la pauvreté peut donner aux femmes un plus
large éventail de possibilités, dont celle d'allaiter
leurs enfants.
Permettre à une femme d'allaiter, c'est laisser la mère et son enfant maîtres de l'alimentation infantile; cela les libère des contrôles du système de santé, marché ou de l'employeur de la mère.
Une mesure pour améliorer le potentiel des femmes serait de suivre globalement la proportion de mère qui allaitent leurs enfants exclusivement jusqu'à leurs six mois. Une autre serait de tenir compte de la production de lait issu de l'allaitement dans les statistiques alimentaires nationales. A l'heure actuelle, seule la Norvège en tient compte.
Les conditions permettant à une femme d'allaiter sont les conditions qui sont bonnes pour toutes les femmes : sécurité physique, alimentation suffisante, eau propre, égalité des sexes, salaire équitable et le partage des responsabilités familiales.
La mondialisation
abaisse les barrières douanières et apporte un plus
grand flot de produits sur de nouveaux marchés.
Nous appelons les gouvernements à appliquer le Code International
de commercialisation des substituts de lait maternel et toutes
les résolutions appropriée de l'OMS, en vue de la
protection de la femme allaitante et de son enfant, à un
moment de grande vulnérabilité dans le cycle de
vie.
Quand elle donne la vie, chaque femme a des réserves de lait pour au moins 2 ans. Cette importante ressource nutritionnelle est parfaitement ciblée, déjà distribuée aux foyers qui en ont besoin, et peut être contrôlée par la mère et le bébé.
Armstrong H, Breastfeeding as the foundation of care, Food and Nutrition Bulletin, United Nations University Press, 16:4, 299-312, 1995, p 300.
Quelle place pour l'allaitement dans le cadre des
catastrophes naturelles ?
Commission
2002 sur le Statut des Femmes
Thème: gestion de l'environnement et amélioration
des situations de catastrophe :
une perspective tenant compte des sexes
Les catastrophes ont un impact disproportionné sur les
femmes enceintes ou allaitantes et les enfants en bas âge.
Une famille confrontée à une situation d'urgence
est doublement victime si cela conduit à l'abandon de l'allaitement
au sein. Les femmes jouent un rôle fondamental pour l'environnement
de par leur capacité à fournir une alimentation
saine et sûre à leurs jeunes enfants. Promouvoir
l'allaitement maternel antérieurement aux catastrophes
et le protéger pendant et après le désastre,
en particulier dans les cas d'inondation et de séismes,
est un élément essentiel d'atténuation des
conséquences des catastrophes et de gestion de la crise.
L'aide humanitaire sous forme de préparations pour nourrissons bouillie offerte aux femmes pour nourrir leurs enfants en situation d'urgence peut être pleine de bonnes intentions, mais empêche la femme d'avoir confiance en sa capacité de fournir à son enfant alimentation et protection. Il est particulièrement difficile d'utiliser les préparations pour nourrissons de façon sûre dans des conditions de catastrophe, et cette nourriture risque aussi d'accentuer la morbidité et la mortalité infantile, en retirant aux enfant le bénéfice des propriétés anti-infectieuses du lait maternel. Ce sont les nourrissons des communautés où personne ne se souvient comment faire pour allaiter qui sont le plus à risque.
L'allaitement au sein reste la stratégie la plus respectueuse de l'environnement pour nourrir les nourrissons. Pour allaiter, une femme a seulement besoin de nourriture, d'eau potable et de quelques connaissances. Inversement, nourrir au biberon demande du carburant pour faire bouillir l'eau, des mélanges de lait spéciaux, et l'attirail de boîtes, casseroles, étiquettes, bouteilles et tétines en caoutchouc qui deviendront des déchets dès que le bébé aura été nourri. L'allaitement au sein a peu d'impact sur l'environnement ; il joue ainsi un rôle clé dans les stratégies de gestion de l'environnement cherchant à prévenir les catastrophes.
Parce que la lactation est une manière très efficace de produire de la nourriture, l'allaitement au sein constitue une ressource alimentaire adaptée à un développement durable en toute circonstance :
Recommandations:
Former le personnel humanitaire à l'importance de l'identification des mères qui allaitent, dont la capacité à protéger la vie est doublement précieuse en situation de désastre.
Former le personnel humanitaire aux méthodes basiques pour aider les mères à allaiter.
Inclure aux missions humanitaires d'urgence un conseiller en allaitement ou une consultante en lactation pour améliorer la capacité des équipes et prendre en charge les cas de re-lactation et les situations spéciales.
Créer un lieu spécial où les mères réfugiées pourraient être aidées à allaiter, s'occuper de leur bébé, et s'aider mutuellement.
Expliquer à toutes les mères comment allaiter exclusivement jusqu'à 6 mois et les aider à le faire.
Inclure la protection de l'allaitement, sa promotion et son appui au texte des documents, recommandations et conventions sur l'environnement.Last updated Monday, September 18, 2006 by sjs.![]()

